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Guide pratique — CFE

CFE et location immobilière : SCI, location nue et meublé

Une SCI qui reçoit un avis de cotisation foncière des entreprises, c'est presque toujours la même question : l'activité de location est-elle réputée professionnelle, et le seuil de recettes est-il franchi ? Ce guide distingue les cas — bail d'habitation, local commercial, meublé — et indique sur quel terrain la contestation est utile. Voir aussi nos guides la CFE et contester la CFE d'une holding.

Présomption irréfragable

Art. 1447 I al. 2 du CGI — sauf immeubles nus à usage d'habitation

Seuil de 100 000 €

de recettes brutes HT : en dessous, pas de CFE sur la location nue

Meublé = dans le champ

LMP ou LMNP sans incidence, sous réserve de l'article 1459

La règle : la location est présumée professionnelle

En application du deuxième alinéa du I de l'article 1447 du CGI, sont réputées exercées à titre professionnel les activités de location ou de sous-location d'immeubles, à l'exception de celles consistant à donner en location des immeubles nus dans le cadre d'un bail d'habitation.

Cette présomption est irréfragable. Le Conseil d'État a jugé qu'elle joue sans qu'il soit besoin de rechercher si l'activité est exercée de manière régulière, ni si elle implique la mise en œuvre de moyens matériels ou intellectuels (CE, 28 juillet 2017, n° 390092).

Conséquence pratique : plaider « ma SCI n'a aucune activité réelle, elle encaisse deux loyers par an » ne sert à rien sur ce terrain. La contestation utile porte ailleurs — sur la nature du bail, sur le seuil de recettes, ou sur une exonération.

Le tableau de décision

Sous réserve des exonérations propres à l'article 1459 du CGI.
Ce que vous louezDans le champ ?Condition
Immeuble nu, bail d'habitationHors champÀ condition que l'activité relève de la gestion d'un patrimoine privé
Immeuble nu, usage commercial ou professionnelDans le champCFE due si les recettes atteignent 100 000 €
Local meublé ou équipéDans le champLMP ou LMNP indifférent ; voir les exonérations de l'article 1459
Sous-locationDans le champLe locataire intermédiaire est imposable comme le propriétaire
Détention de titres seuleHors champGestion d'un patrimoine privé — voir le guide holding

Le seuil de 100 000 € de recettes

Pour les locations et sous-locations d'immeubles nus, la CFE n'est pas due lorsque le redevable en retire, au cours de la période de référence, des recettes brutes hors taxesau sens de l'article 29 du CGI — ou un chiffre d'affaires au sens du 1 du I de l'article 1586 sexies du CGI — inférieures à 100 000 €.

Ce seuil est le premier point à vérifier sur un avis de CFE adressé à une SCI. Une imposition établie alors que les recettes de la période de référence sont restées sous ce montant est infondée, et se conteste par une réclamation contentieuse.

Les exonérations de l'article 1459 du CGI

Pour les loueurs en meublé, l'article 1459 du CGI prévoit deux régimes distincts qu'il ne faut pas confondre :

  • 1° et 2° : exonérations de plein droit permanentes, qui s'appliquent sans délibération — elles visent notamment la location d'une partie de l'habitation personnelle du loueur
  • 3° : exonération facultative, subordonnée à une délibération de la commune ou de l'EPCI — vérifiez la délibération applicable à la commune du bien

L'exonération facultative explique que deux loueurs dans une situation identique soient traités différemment selon la commune. Avant de contester, demandez la délibération : si elle existe et que l'exonération n'a pas été appliquée, la réclamation est solide.

Ce qu'il faut vérifier avant de réclamer

  • La nature exacte des baux en cours : habitation, commercial, professionnel, meublé
  • Le montant des recettes brutes hors taxes de la période de référence
  • L'existence d'une délibération communale d'exonération au titre du 3° de l'article 1459 du CGI
  • La base d'imposition retenue : la valeur locative des biens dont vous disposez pour les besoins de l'activité
  • Le délai : jusqu'au 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement (article R*196-2 du LPF)

Un avis de CFE que vous estimez infondé ?

Seuil de recettes, nature des baux, exonération communale : la première consultation de 30 minutes avec Maître Castebert est offerte pour cadrer la contestation.

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Questions fréquentes

Ma SCI doit-elle payer la CFE ?
Tout dépend de ce qu'elle loue et de combien elle encaisse. Une SCI qui donne des immeubles nus en location dans le cadre de baux d'habitation, et qui relève de la gestion d'un patrimoine privé, est hors du champ de la CFE. En revanche, dès lors qu'elle loue des locaux nus à usage autre que l'habitation — commercial, professionnel, industriel — l'activité est réputée exercée à titre professionnel, et la CFE est due si les recettes atteignent 100 000 €.
Qu'est-ce que le seuil de 100 000 € exactement ?
La CFE n'est pas due lorsque le redevable retire de son activité de location ou de sous-location d'immeubles nus, au cours de la période de référence, des recettes brutes hors taxes au sens de l'article 29 du CGI — ou un chiffre d'affaires au sens du 1 du I de l'article 1586 sexies du CGI — d'un montant inférieur à 100 000 €. En dessous, pas de CFE ; à partir de ce montant, l'imposition s'applique.
La location nue d'habitation est-elle toujours hors champ ?
Non, et c'est une nuance importante. Les activités de location d'immeubles nus à usage d'habitation sont placées hors du champ de la CFE uniquement lorsqu'elles relèvent de la gestion d'un patrimoine privé. Une activité de location d'habitation exercée avec des moyens et une organisation qui la font sortir de la simple gestion patrimoniale peut être appréhendée différemment.
Et la location meublée ?
Elle est dans le champ. Toutes les activités de location ou de sous-location d'immeubles, à l'exception de celles portant sur des immeubles nus à usage d'habitation, sont réputées exercées à titre professionnel. La circonstance que la location meublée soit qualifiée de professionnelle (LMP) ou de non professionnelle (LMNP) n'a aucune incidence au regard de la CFE. Des exonérations propres existent toutefois à l'article 1459 du CGI.
Quelles exonérations prévoit l'article 1459 du CGI ?
Cet article organise des exonérations de CFE au bénéfice de certains loueurs en meublé. Les 1° et 2° prévoient des exonérations de plein droit permanentes — elles visent notamment la location d'une partie de l'habitation personnelle du loueur. Le 3° ouvre aux communes la faculté d'exonérer certains loueurs en meublé, ce qui signifie que la réponse dépend de la délibération de votre commune : deux situations identiques peuvent être traitées différemment d'une commune à l'autre.
Puis-je contester en disant que je ne loue pas de manière régulière ?
Non, et c'est le principal piège. La présomption du deuxième alinéa du I de l'article 1447 du CGI est irréfragable : le Conseil d'État a jugé qu'elle joue sans qu'il soit besoin de rechercher si l'activité de location est exercée de manière régulière, ni si elle implique la mise en œuvre de moyens matériels ou intellectuels (CE, 28 juillet 2017, n° 390092). Le terrain utile est donc celui du seuil de recettes, de la nature du bail ou des exonérations — pas celui de l'intensité de l'activité.
En cas de sous-location, qui est redevable ?
Les deux peuvent l'être. Sont imposables à la CFE tant l'activité de location que celle de sous-location : le propriétaire bailleur et, le cas échéant, le locataire intermédiaire. En cas de conventions en cascade, l'activité de chaque bailleur — propriétaire ou locataire intermédiaire — est imposable pour ce qui la concerne, sous réserve du seuil de recettes.

Dernière mise à jour : septembre 2026 — Rédigé par Maître Castebert, avocat au barreau de Paris.

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