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Guide pratique — Impôt sur le revenu

Déduire les travaux avant la mise en location : guide de contestation

L'administration fiscale refuse la déduction de vos travaux parce que le bien n'était pas encore loué ? Ce guide vous explique comment contester ce refus et faire valoir votre droit à la déduction des dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration sur vos revenus fonciers.

Travaux déductibles

Réparation, entretien et amélioration (art. 31-I-1°-b CGI)

Intention locative

La décision de louer, même avant le premier loyer, ouvre droit à la déduction

Déficit foncier

Imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 €/an

Quels travaux sont déductibles des revenus fonciers ?

L'article 31-I-1°-b du Code général des impôts définit trois catégories de dépenses de travaux déductibles des revenus fonciers :

  • Travaux de réparation : remise en état normal d'utilisation (toiture, plomberie, électricité)
  • Travaux d'entretien : maintien du bien en bon état sans modifier sa structure
  • Travaux d'amélioration : apport d'un élément de confort nouveau (chauffage central, isolation)

En revanche, les travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ne sont pas déductibles des revenus fonciers.

Peut-on déduire des travaux payés avant de percevoir un loyer ?

L'administration fiscale refuse parfois la déduction des dépenses de travaux lorsque celles-ci ont été engagées avant la perception du premier loyer. Ce refus repose sur l'idée que le bien ne générait pas encore de revenus fonciers au moment des dépenses.

Cependant, la jurisprudence du Conseil d'État (CE, 11 avril 2008, n° 288539) a confirmé que la seule décision de mettre un bien en location suffit à ouvrir le droit à la déduction des travaux, même en l'absence de revenus locatifs effectifs.

Le critère déterminant est le suivant : le propriétaire avait-il l'intention de louer le bien au moment où les travaux ont été réalisés ? Les preuves les plus efficaces sont un mandat confié à une agence immobilière, des annonces de location publiées, ou des devis de remise aux normes locatives.

Le déficit foncier : un levier fiscal puissant

L'article 156-I-3° du CGI prévoit que lorsque les charges déductibles (travaux, intérêts d'emprunt, assurance, frais de gestion) dépassent les revenus fonciers, l'excédent constitue un déficit foncier.

Ce déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Depuis 2023, ce plafond est porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique.

L'excédent au-delà du plafond est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Condition importante : le bien doit rester loué pendant au moins 3 ans après l'imputation du déficit foncier sur le revenu global.

Comment contester le refus de déduction ?

1

Identifiez le motif du refus

Refus pour absence de revenus locatifs, contestation de la nature des travaux, ou remise en cause de l'intention locative.

2

Rassemblez vos preuves

Factures et devis des travaux, mandat d'agence immobilière, annonces de location, acte de propriété, photos avant/après.

3

Déposez votre réclamation

Courrier recommandé AR au service des impôts ou en ligne sur impots.gouv.fr, avant le 31 décembre N+2 (art. R*196-1 LPF).

4

Suivez votre dossier

L'administration a 6 mois pour répondre. Silence = rejet implicite, recours devant le tribunal administratif dans les 2 mois.

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Questions fréquentes

Peut-on déduire les travaux réalisés avant la mise en location ?
Oui, si la décision de louer le bien est prouvée au moment des travaux. Le Conseil d'État a confirmé que l'absence de revenus locatifs au moment des dépenses ne fait pas obstacle à leur déduction, dès lors que le propriétaire justifie de son intention locative (CE, 11 avril 2008, n° 288539). Mandats d'agence, annonces de location et devis de remise aux normes sont des preuves efficaces.
Quels travaux sont déductibles des revenus fonciers ?
Sont déductibles les travaux de réparation (remise en état : toiture, plomberie, électricité), d'entretien (maintien en bon état) et d'amélioration (apport de confort : chauffage, isolation, salle de bains). En revanche, les travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ne sont pas déductibles (article 31-I-1°-b du CGI).
Qu'est-ce que le déficit foncier et comment l'utiliser ?
Le déficit foncier apparaît lorsque vos charges déductibles (travaux, intérêts d'emprunt, assurance, gestion) dépassent vos revenus fonciers. Ce déficit est imputable sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an (article 156-I-3° du CGI). L'excédent est reportable sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes. Le bien doit rester loué au moins 3 ans après l'imputation.
Quel est le délai pour contester le refus de déduction de travaux ?
Vous disposez jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l'impôt (article R*196-1 du LPF). Par exemple, pour les revenus 2024 imposés en 2025, la réclamation doit être déposée avant le 31 décembre 2027.
L'administration conteste mes travaux car le bien n'était pas encore loué, que faire ?
Déposez une réclamation contentieuse en démontrant votre intention locative au moment des travaux. Les preuves les plus efficaces sont : un mandat confié à une agence immobilière, des annonces de location publiées, des devis de remise aux normes locatives, et tout document prouvant que les travaux visaient à rendre le bien propre à la location.

Dernière mise à jour : avril 2026 — Rédigé par Maître Castebert, avocat au barreau de Paris.

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