MaReponse.
Retour à l’accueil
Guide pratique — Fiscalité des entreprises

CFE : la cotisation foncière des entreprises expliquée

Qui doit payer la CFE, comment est-elle calculée, quelles exonérations existent et comment contester un avis injustifié ? Le guide complet, rédigé par un avocat fiscaliste au barreau de Paris.

Qui paie ?

Toute activité professionnelle non salariée au 1er janvier

Paiement le 15 décembre

Avis en ligne en novembre, acompte au 15 juin si CFE > 3 000 €

Exonération possible

CA ≤ 5 000 €, année de création, holding pure…

Qui est redevable de la CFE ?

La cotisation foncière des entreprisesest due par les personnes physiques et morales qui exercent, au 1er janvier de l’année d’imposition, une activité professionnelle non salariée à titre habituel (article 1447 du CGI) : sociétés commerciales, micro-entrepreneurs, professions libérales, artisans, commerçants. Elle est due même sans local professionnel — un micro-entrepreneur domicilié chez lui y est assujetti via la cotisation minimum.

Avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), la CFE forme la contribution économique territoriale (CET), qui a remplacé la taxe professionnelle.

Calcul et montant de la CFE

La base d’imposition est la valeur locative des biens immobiliersutilisés par l’entreprise pour les besoins de son activité au cours de l’année N-2(pour la CFE 2026 : les biens utilisés en 2024). Le taux est voté par la commune ou l’intercommunalité.

Lorsque l’entreprise n’a pas de local ou que sa valeur locative est très faible, une cotisation minimums’applique (article 1647 D du CGI). Son montant est fixé par délibération communale à l’intérieur d’un barème national progressif selon le chiffre d’affaires — de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros. C’est ce qui explique les gros écarts de « prix » de la CFE d’une commune à l’autre.

Les principales exonérations de CFE

  • Chiffre d'affaires annuel inférieur ou égal à 5 000 € (exonération de la cotisation minimum, article 1647 D du CGI)
  • Année de création de l'entreprise (et réduction de moitié de la base d'imposition la première année d'imposition)
  • Artisans travaillant seuls ou avec le seul concours de leur famille (article 1452 du CGI)
  • Exploitants agricoles, certaines activités artistiques, sportives ou de presse
  • Sociétés sans activité professionnelle au sens de l'article 1447 du CGI : holdings pures, sociétés de gestion d'un patrimoine strictement privé
  • Exonérations facultatives sur délibération des communes (zones urbaines sensibles, zones de revitalisation rurale, jeunes entreprises innovantes…)

Le cas des holdings : une CFE souvent indue

La CFE ne frappe que l’exercice d’une activité professionnelle habituelle. Une société holding « pure », qui se borne à détenir des participations et à gérer son propre patrimoine sans prestation de services à ses filiales, n’entre pas dans le champ de l’impôt. L’administration adresse pourtant chaque année des avis de cotisation minimum à des milliers de holdings patrimoniales.

Si vous êtes dans ce cas, une réclamation contentieuse permet d’obtenir le dégrèvement et le remboursement des années non prescrites. Consultez notre guide dédié : contester la CFE d’une société holding.

Dates, déclaration et paiement

1

Déclaration initiale 1447-C

À déposer avant le 31 décembre de l'année de création de l'entreprise. Ensuite, aucune déclaration annuelle n'est requise, sauf changement (déclaration 1447-M).

2

Avis en ligne en novembre

L'avis de CFE n'est pas envoyé par courrier : il faut le consulter dans l'espace professionnel impots.gouv.fr.

3

Paiement au 15 décembre

Par prélèvement ou paiement en ligne obligatoire. Acompte de 50 % au 15 juin lorsque la CFE de l'année précédente dépassait 3 000 €.

4

Réclamation jusqu'au 31 décembre N+1

En cas d'imposition injustifiée, réclamation contentieuse auprès du SIE avec, le cas échéant, demande de sursis de paiement.

Holding pure : générez votre réclamation de CFE

Argumentaire juridique complet rédigé par Maître Castebert, avocat au barreau de Paris. Questionnaire en 10 minutes, document prêt à envoyer pour 49,99 EUR.

Contester ma CFE

Fiscalité d’entreprise complexe ?

Première consultation de 30 minutes offerte avec Maître Castebert.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la CFE (cotisation foncière des entreprises) ?
La cotisation foncière des entreprises est un impôt local dû par les entreprises et les travailleurs indépendants qui exercent une activité professionnelle non salariée au 1er janvier (article 1447 du CGI). Avec la CVAE, elle compose la contribution économique territoriale (CET). Elle est due dans chaque commune où l'entreprise dispose de locaux ou de terrains.
Comment est calculée la CFE ?
La CFE est assise sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés par l'entreprise pour son activité au cours de l'année N-2, multipliée par le taux voté par la commune. À défaut de local (ou pour de faibles valeurs locatives), une cotisation minimum s'applique, fixée par la commune selon un barème national fonction du chiffre d'affaires.
Qui est exonéré de CFE ?
Sont notamment exonérés : les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 5 000 € (article 1647 D du CGI), les entreprises l'année de leur création (avec réduction de 50 % de la base l'année suivante), les artisans travaillant seuls, certaines activités agricoles, artistiques ou de presse, et les sociétés qui n'exercent aucune activité professionnelle au sens de l'article 1447 du CGI — comme les holdings pures qui se bornent à gérer leur patrimoine.
Une société holding doit-elle payer la CFE ?
Une holding « pure », qui se limite à détenir et gérer des participations sans se livrer à une activité professionnelle habituelle, n'entre pas dans le champ de la CFE. La jurisprudence du Conseil d'État distingue la simple gestion d'un patrimoine privé de l'exercice d'une véritable activité professionnelle. En pratique, l'administration adresse pourtant des avis de CFE à de nombreuses holdings pures — qui peuvent être contestés.
Quand payer la CFE en 2026 ?
L'avis de CFE est mis en ligne dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr en novembre (aucun avis papier n'est envoyé). Le paiement doit intervenir au plus tard le 15 décembre. Si votre CFE de l'année précédente dépassait 3 000 €, un acompte de 50 % est dû au 15 juin.
Comment contester un avis de CFE ?
Vous pouvez déposer une réclamation contentieuse depuis votre espace professionnel ou par courrier recommandé auprès du service des impôts des entreprises (SIE), au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en recouvrement. Pensez à demander le sursis de paiement (article L.277 du LPF) si vous ne souhaitez pas régler la cotisation contestée dans l'attente.

Guides liés

Dernière mise à jour : août 2026 — Rédigé par Maître Castebert, avocat au barreau de Paris.

Prêt à agir ?

Défendez vos droits dès aujourd'hui

Questionnaire gratuit, document personnalisé par un avocat — vous ne payez qu'à la génération.